
Il titube sous cette
soudaine charge, avant de s'immobiliser pour souffler a son
agresseur, - depuis quand est-ce que tu sors dans la rue
en petite tenue toi ?
Sa voix est douce et
taquine, mais aussi intriguée par le fait que cette jeune
femme, d'ordinaire si pudique, surgisse en pleine rue en
sous-vêtements.
- Je m'en fous du monde ! Je m'en
fous des voyeurs ! Lui débite t-elle rapidement et
sans faire de pauses, - moi tout ce qui m'importe, c'est
ta présence!! Je t'aime Hanz! Je t'aime!! Je t'aimee!!
Elle le serre de toutes ses
forces en se retenant d'exploser en sanglots, même si ce
n'est pas l'envie qui manque de lui crier son
désespoir.
- Je suis désolé...
Lui répond t-il simplement en se tenant bien droit
contre elle, les bras balants le long du corps, - mais je
suis revenu... C'est Noël ce soir, alors je me sentais
obligé de...

- Pourquoi?? Pourquoi?? lui crie t-elle maintenant en
ramenant ses mains vers son visage pour cacher ses yeux qui tentent
de s'humidifier au fil des nouvelles émotions
reçues, - est-ce que tu as osé douter de mon
amour?? A cause d'une.. d'une plaquette entamée??
- J'avoue.... lui avoue
t-il alors en déglutissant et en se retenant de la prendre
dans ses bras.
Il est encore trop
tôt pour revenir vers elle, le sourire aux
lèvres.
Il se sent mal et
séquestré par.. par il ne sait quoi.
Un moment de solitude,
peut-être.
Seul et
incompris.
- Je t'aime Hanz... tente
maintenant de le rassurer Elodie en laissant sa tête retomber
contre ce torse chaud, et autrefois si chaleureux, - n'en
doutes pas.. je t'en pries... cette plaquette était
abandonnée alors...
- Rentrons, veux-tu? On sera mieux
a l'intèrieur et tu vas attraper la mort a rester sous la
neige dans cette tenue.

Peu après, les deux
amants se retrouvent assis côte a côte sur le grand
canapé noir, où était affalée la jeune
fille quelques minutes auparavant.
Ils essaient de discuter...
mais les sujets de conversations se font malheureusement de plus en
plus rares.

Hanz est calme et assis,
comme a son habitude, contre cette jeune femme pour qui il
éprouve encore de nombreux sentiments : elle semble
apaisée heureuse d'être a ses
côtés.
Cette proximité le
rassure : il ne l'a pas encore perdu.
Tout n'est pas encore
fini.
- J'ai eu peur, rien de plus..
reprend tristement Elodie pour se justifier a
nouveau, - mais je te jures que je l'ai très vite
arrêtée...

- Je sais.
- Alors a quoi a tu pensé,
toi? Pour t'enfuir de cette manière...
- Ce que je ne comprend pas Elo,
c'est que c'est toi qui voulait un enfant. C'est toi, et uniquement
toi.
- Oui, oui, je sais!! Mais
après... Je.... J'ai paniqué!!
- Bref... n'en parlons plus
veux-tu.

- Je t'aime Hanz... Je t'aime plus
que tout, et désormais j'en suis certaine. Mais.. Mais....
et toi?
- Moi.. Moi.. Moi...
pareil.
"Enfin... Enfin je
pense"
- Tu critiquais le comportement de
ton frère en disant que la fuite n'était que le
recours des lâches, tu te souviens?

- Oui.. Oui, je me souviens. Et
bien il faut croire que Kurtinas n'est pas mon frère jumeau
pour rien.
- On monte se coucher? Je suis
lessivée. Et puis demain.. On pourrait rentrer a la
maison..
- Tu ne veux pas passer le 31 avec
tes parents?
- Non.. Cette année j'ai
vraiment besoin qu'on rentre a la maison.. Tout les deux.
- D'accord. Ca me va.
- Je t'aime Hanz. Ne l'oublie
jamais. Je t'en pries.
- C'est noté. Je t'aime
aussi.

Mais pour
combien de temps?
Pardonne moi, mais je
crois qu'il file désormais comme le vent.
Cet
amour, cet amour autrefois si puissant.