♫ Swan -
Obligatoire - lancer ci-haut
♫

- Heeep,
leur fait soudain une voix, tandis qu'ils traversent un
vieux terrain désaffecté.
Des pas
se rapprochent, au pas de course. Dans un même mouvement, les
jumeaux se retournent pour faire face a un éventuel agresseur. Il
fallait s'y attendre. Se promener ici en pleine nuit ne pouvait
être qu'une simple provocation.
C'est un
homme, seul. Plutôt baraqué, assez balafré. On peut rapidement
comprendre, en analysant sa carrure musclée et abîmée, que les
combats effrénés rythment sa petite vie de voyou mal éduqué. Il
tient une arme blanche. Un couteau, plus précisément. Assez long,
et sans doutes des plus aiguisés. Les deux frères se doivent donc
d'être sur leurs gardes. Un moment d'inattention, et ils pourraient
bien se retrouver saignés.
- Envoyez tout
ce que vous avez, les menace sans attendre leur
agresseur, - si vous souhaitez repartir d'ici entier,
évidemment...
- Et cent balles
et un mars aussi ? Ironise aussitôt Kurt en pouffant de
rire, - Tu t'es crû chez mémé là, mon mignon ?
Il a
gagné. Sa provocation idiote aura un prix. L'homme dégaine
maintenant une arme a feu. La situation semble se corser pour les
Cobain qui grimaçent maintenant. Celle-là, ils ne l'avaient pas
prévue. Zut !
- Tiens, c'est
tout ce que j'ai, fait alors Hanz en tendant droit devant
lui son porte-feuille en cuir noir ; un cadeau de son ex
petite-amie. Un des derniers souvenirs qu'il possède encore
d'elle.
- Et l'autre, a
côté, fait péter aussi ! Grogne l'agresseur en agitant son
arme, - et magnes toi, j'ai pas que ça a foutre !
- Va te faire
enculer chez les grecs ! J'ai rien pour toi, continue de
s'obstiner Kurt. Non mais, pour qui est-ce qu'il se prend ce petit
malfrat de pacotille ? Il ne sait pas a qui il a
affaire...
« Pan »
Cette
arme est un silencieux. Kurt va tomber a genoux, a cause d'une
balle reçue brusquement dans la cuisse, sans que personne en ville
n'ai strictement rien entendu. A part son frère ici présent, bien
entendu.
- Merde, mais
arrêtez ! Tente de demander, prévenir, menacer, et
balbutier, Hanz, en regardant son frère grimacer de haine et
douleur.
L'ennemi
s'avance, non sans grogner au dernier Cobain encore
debout, - Toi, tu bouges, et c'est pas dans la cuisse que
tu la reçois, mais dans la tête. Capiche ?
Pour
seule réponse, Hanz hoche la tête. C'est un homme docile et très
intelligent. Il n'est pas aussi impétueux que son frère et sait
juger les dangers, quand il y'en a.
- Fais péter,
j'ai dis, menace a nouveau l'agresseur en attrapant avec
violence Kurt par le col, - Je ne me répéterai pas...
- Va te faire
enc... tente de commencer sa victime, avec une haine
infinie dans les yeux.
Tente, parce-qu'il se fait interrompre par un
violent coup de couteau dans l'abdomen. Aussitôt après, il hurle et
ramène ses mains vers son ventre pour constater l'arme blanche
encore plantée dans son estomac. Merde ! Il saigne beaucoup. Et il
souffre. Il s'immobilise alors, a genoux, encore au sol. Pour ne
pas se provoquer une hemorragie interne. Il doit faire le moins de
mouvements brusques possibles. Et surtout, il doit conserver l'arme
a sa place. S'il tente de l'arracher, il en mourra. Il le sait
bien. Il fait des études de medecine tout de même.
Hanz
reste calme devant ce spectacle. Toujours droit et impassible, il
fixe simplement le malfrat dépouiller son frère de ce qu'il a de
plus précieux, avant de filer a l'anglaise dans l'obscurité de la
nuit.
Et ce
n'est qu'une fois l'agresseur complètement disparu, qu'il s'abaisse
enfin pour se mettre a la hauteur de son jumeau ; qui est en train
de souffrir le martyr, lui, au sol.
- Ca va ?
- Ca pourrait
aller mieux. Putain d'enfoiré! Je le retrouverai ce con. Et il va
me rendre ce qu'il m'a volé!!
Ce type
est incroyable. Hanz en éclaterai presque de rire : se vidant de
son sang et agonisant lentement, il ne pense qu'a la honte qu'il a
l'impression d'avoir subit. Kurt est fièr. Trop fièr. Cela pourrait
bien le perdre, un jour.
- T'as ton
portable ? qu'il fait justement a son frère, toujours
accroupit a ses côtés.
- Ouais.
- Alors
qu'est-ce que t'attends ducon ? Appèle une ambulance ! Tu vois pas
que je suis en train de saigner comme une truie là ?
- Oui, oui.
Désolé, reprend rapidement Hanz, en se relevant pour
fouiller sa poche droite. Celle où se niche habituellement
l'appareil recherché.
- Dépêche...
gémit maintenant Kurt en se forçant a conserver une
respiration normale. Il a des chances de s'en sortir. Il le sait.
Il suffit juste qu'il reste calme, respire tranquillement, et
surtout, conserve le couteau dans son abdomen, en bougeant le moins
possible.
Tout de
même fatigué, il finit par s'asseoir sur le sol, en s'adossant
contre un cylindre industriel, posé et abandonné là, rouillant et
se détériorant, en pleine nature.
Il va se
reposer ici, en attendant l'arrivée des secours.
Voilà.
Tiens,
son frère revient enfin vers lui. Pour s'accroupir a nouveau, en
lui souriant affectueusement.
- Ca va aller
Kurt, ne t'en fais pas. Tu ne souffriras plus.
- Laisse ça,
lui grogne t-il en repoussant sa main, lorsque celle-ci
voulait se poser sur le couteau qu'il maintient fermement dans son
estomac, - Je.. Je ne dois pas le retirer.
- Si, Kurt.
Si.
- Va te faire !
Je sais ce que...
D'un
geste vif et sec, Hanz revient a la charge pour lui arracher
brusquement l'arme et la tenir ensuite en l'air. Du sang en
dégouline. Rouge vif. Du sang. Le même que celui qui se
met maintenant a s'échapper avec abondance de la plaie de son frère
jumeau.
Il l'a
tué. Rien qu'avec ce geste, il l'a tué.
Rien
qu'a cause de ce geste, son propre frère n'a désormais plus aucunes
chances de s'en sortir.
Les
larmes lui montent rapidement aux yeux.
Il l'a
tué. C'est certain : il ne bouge plus, et ses yeux sont déjà
fermés. Il baigne dans une mare de sang incroyable et ne semble
même plus souffrir. Une larme perle sur sa joue. Il a dû avoir le
temps de comprendre qui est celui qui lui a porté le coup de grâce.
Il ne doit pas comprendre. Il ne doit pas vouloir
comprendre.
- Tu me fais
rire... trouve t-il soudain la force de laisser échapper
d'une voix faible.
- P..Pardon...?
se retient s'exploser en sanglots Hanz, devant le spectacle
ignoble de son acte incensé.
- Ouais...
P..Par...Parce-que je sais pourquoi, tu..tu..tu..
- N..Non.. tu te trompes, tente de nier Hanz, sans entendre
la suite de l'accusation du mourrant, - Je...Je..
- Tu n'auras
jamais ma femme Hanz... Jamais....

Et c'est
sur ces derniers paroles que l'impétueux et inébranlable Kurt
Cobain ferme les yeux.
Définitivement.

Il est
un peu tard désormais pour appeler les secours et le jumeau
survivant en a bien conscience. Cependant, son geste se réalise
dans un automatisme, sans qu'il ne le réalise
vraiment.

- Oui, c'est ça,
l'ancienne station Shell, rue Sterlitz.. On a besoin d'aide... Je
vous en prie...

Oui, tu sauras nier. Ignorer. Et peut-être
pleurer...cette sombre
soirée.
Mais sans doutes jamais tu n'oublieras, ni te
pardonneras.
A
suivre!
Maj 37
Une des majs
que je redoutais le plus de voir arriver, voyant le scènario
avancer 
Bon ben
voilà... C'est fait 
J'espère que
je vous ai bien traumatisés au moins, comme ça on va chouiner
ensemble é__è

*distribue
une dizaine de mouchoirs a chacun*
Bisous all
